# 1

# 1
Un soir, il voulu trainer les bars. Allez savoir pourquoi, il n'aimait pas boire ni s'amuser. Ce soir-là, il est sorti, clope en bouche, il était nerveux. Ca faisait longtemps qu'il n'avait plus vu le monde de la nuit. Clope en bouche, il était nerveux, il fourra ses mains dans ses poches. Il sortit seul de chez lui, il devait être 20h, peut-être 21h. Il ne faisait plus attention au temps depuis bien longtemps et vivait sa vie comme il le voulait, il faisait ce qu'il voulait quand il le sentait et se levait toujours à 6h35 pour partir au travail à 8h: il lui fallait tout de même de l'argent pour faire ce qu'il voulait de sa vie ! Clope en bouche, il était nerveux, il jouait avec ses mains. Un café retenu son attention, des lumières scintillantes provenant de l'intérieur se reflétaient dans les flaques d'eau d'une manière captivante. Une fumée se dégageait légèrement d'une fenêtre entre-ouverte. Il sortit la clope hors de sa bouche, prenant soin de l'effleurer sur ses lèvres comme si elle était sa maîtresse, et la projeta dans la marre d'eau provenant de la pluie fulgurante de la veille. Il entra avec discrétion et se plaça à la première table disponible, il commanda un Coca; il avait horreur de l'alcool et de ses dégâts. Une fois la commande exécutée, il lança un merci à peine audible qui provoqua le grommelant du serveur, il se ne sentait pas à sa place. Pas loin de lui, un groupe de jeunes parlaient avec tonalité et se laissaient aller aux rires. Ils avaient bu à les entendre et ne parlaient pas tous en même temps à sa grande surprise. Trois filles étaient présentes et deux hommes. Les filles étaient habillées de façon provocante: jupe courte, bas-résignes, talons équilles, maquillages plus que colorés, décolletés et bijoux chatoyant. Les hommes eux, étaient habillés simplement: chemises, cravates défaites et pantalons noirs; ils n'avaient pas eu vraiment le temps de se changer après leurs journées d'affaires sans fin. Il pouvait presque les envier, lui qui n'avait plus connu le gout d'une femme depuis des années maintenant. Mais il ne souhaitait plus y retoucher: les filles ne causaient bien que des tristesses d'après lui. Et arriva alors à la table une fille assez petite, peut-être 1m60, qui affichait un sourire forcé comme si elle tentait de garder en vie une joie après une épreuve. Cheveux noirs en batailles et mi-longs, robe simple et mauve, petites bottes munies de talons pour la grandir un peu et un chapelet d'or accroché à son fin cou. Elle était ivre elle aussi et souriait bêtement. Elle interrompit la discussion sur la mort d'Yves Saint Laurent pour dénoncer le prix scandaleux que la femme des toilettes lui avait réclamé alors qui lui avait fallu 5mins avant de trouver celles-ci. Ses amis éclatèrent en rire et l'invitèrent à boire un autre verre pour oublier la mésaventure. L'homme quitta le café, introduit une nouvelle cigarette dans l'ouverture de sa bouche, remonta le col de sa veste et se retourna pour observer avec un indescriptible désir une dernière fois la jeune fille à travers la vitre; celle-ci avait déjà fini son verre.

# Posté le mardi 18 août 2009 07:16

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 09:32

# 2

# 2
Elle était appuyée contre son épaule à sourire bêtement. Elle ricanait à chaque phrase dîtes et il essayait tant bien que mal d'en faire autant pour ne pas gâcher la fin de cette soirée. Il l'avait croisée dans un parc, après le travail, à 17h. Il passait par là chaque jour: il revenait de pieds et faisait un détour pour traverser l'endroit et profiter de la verdure qui faisait sa réputation. Il faisait froid, la neige de la veille persistait toujours et semblait éclairer tout autant que le soleil lui-même. Une jeune fille était assise sur un banc un peu plus loin. Vêtue d'une robe rouge pourpre, elle avait enfilé des bas de laine gris foncés pour se couvrir du froid et se cachait au fond d'une longue veste sombre. Un écharpe blanche s'enroulait autour de son cou pour remonter jusqu'à sa lèvre inférieur si bien dessinée pour le rouge à lèvres aussi écarlate que ses habits. Un bonnet de laine immaculé sur sa tête donnait l'impression de noircir encore plus ses cheveux. Son sac à côté d'elle laissait ressortir un livre dont le titre n'était pas apparent. Entre ses fins doigts, était saisit "La part de l'autre", un livre comparant l'histoire vécue d'Hitler et l'histoire qui aurait du être vécue par Hitler. C'était toujours chic d'avoir de la culture général sur les dates les plus importantes de l'humanité. Il resta planté devant le banc un instant avant de se décider à dialoguer avec elle. Le livre s'échappa alors de son sac pour atterrir dans la neige sans causer ne serait-ce la quelque quoi attention de sa part. Il s'en empara comme d'une occasion en or, c'était un livre plus basique; "Ensemble, c'est tout", et tendit alors l'oeuvre littéraire vers la belle. Celle-ci releva la tête quelque peu surprise et tira alors le livre à deux mains hors de celle de l'homme, elle chuchota quelques mots à l'objet comme si elle semblait faire la leçon à un enfant et afficha ensuite un large sourire en signe de remerciement. Il tenta de s'éloigner alors pour la laisser poursuivre sa lecture, mais elle captiva alors son intérêt en le priant d'accepter de partager un verre ce soir ensemble. Ils quittèrent le parc ensemble, chacun un bouquin dans la main.

Il était tard, peut-être 2h du matin ou même plus. Il avait passé sa main autour de sa taille. Non, par galanterie ou pour flirter, simplement pour soutenir son équilibre. Elle titubait aux côtés d'un homme qui n'avait guère bu trop de verres comparé à elle. Ils marchèrent tout le long du trottoir, elle faillit glisser de nombres fois sur des plaques de verglas à cause de ses escarpins bien trop hauts mais il était là pour rectifier ses faux pas. Avec sa robe courte noire et ses talons rouges, elle avait cherché à impressionner sa proie. Arrivés devant l'appartement de la demoiselle, il lui présenta ses souhaits pour une bonne nuit de repos et certifia d'avoir passer une soirée agréable, presque inoubliable. Elle retenu alors l'homme par le col de sa veste, essayant de le tirer légèrement vers elle avec le peu de force que l'alcool avait daigné lui laisser. Elle le fixa quelques temps avec une expression lubrique au fond de ses grands yeux bleus. Ses lèvres rouges vives s'entrouvrirent pour dégager un parfum alcoolisé de fruit et laisser s'échapper une phrase bien articulée: "Ca vous poserait problème de monter avec moi en haut, je pense que... Que... je suis incapable de passer la clé dans la serrure de la porte !" et son visage perdit tout à coup vie, sa tête se posa sur l'épaule de l'homme et il comprit alors qu'il n'avait pas vraiment le choix. Dans l'ascenseur, la jeune femme se reposait contre lui, le dos collé à son torse. Il s'interrogea pour savoir s'il pouvait se permettre une folie et abandonner un simple baiser sur la bouche de la belle avant son départ nocturne. Arrivés dans l'appartement, elle s'affala sur le divans blanc et commença à chantonner une comptine d'enfant. Elle entraîna le jeune homme avec elle dans le meuble de confort et l'incita à se joindre au chant. Il chanta un bout de temps, forcé, à ses côtés et finalement l'envie fut tel qui lui enseigna celles qu'il connaissait. Elle brisa son entrait lors d'une chanson en se penchant sur lui pour reprendre la suite, sa voix fut douce et lente, une pincée de sensualité dedans: "Nous n'irons plus aux bois, les lauriers sont coupés". Elle pressa alors avec luxure ses lèvres de couleurs sangs contre celles de son invité. Après quelques échanges de baisers, il s'allongea sur le corps parfait de la demoiselle et s'endormit sans trop hâter l'appétit qu'il lui portait. Elle s'endormit sans patienter, elle n'eut pas compris que de cette distance s'exprimait toute son importance.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 18 août 2009 07:19

Modifié le mercredi 19 août 2009 05:59

# 3

# 3
Il était 7h quand il entendit résonner des bruits; "Mais qu'il est c*n ! Bon sang, il est toujours là ! Mais bouge-toi put***". Il conclut facilement qu'elle devait avoir un chat jusqu'au moment ou il sentit une pression sur son dos. Elle lui hurlait dessus pour le réveiller. Il se redressa avec difficulté alors qu'elle passait déjà d'un coin à l'autre de la pièce. Il en déduit qu'elle serait en retard en son travail et qu'en conséquent, lui aussi. Il l'interrogea sur son horaire de départ. Elle lui avoua en même temps avoir arrêté ses études et avoir tout repris cette année, elle souhaitait devenir architect d'intérieur pour se payer de quoi manger. Il trouvait pourtant que la décoration du logement était de gout et que, vu les nombres de robes colorées les une comme les autres, elle devait avoir les moyens de sa passionner pour la mode. Il avait l'air encore plus fatigué qu'à son habitude; le menton mal rasé, les traits tirés et les cheveux en batailles. Il ébouriffa à deux mains sa chevelures qui avait bien besoin d'une visite chez le coiffeur et donna alors l'impression d'avoir juste eu une panne de réveil. Il confia alors à sa belle être professeur de philosophie. Ca ne payait pas bien mais il aimait parler d'une vérité inexistante avec ceux aptes à juger correctement le monde fait pour demain: les adolescents. "Quelle importance ?!" lui rétorqua-t-elle. Il se fit muet alors et resta perplexe devant l'humeur de sa belle. Celle-ci se plaignait qu'il aurait du disparaitre au lever du jour pour simplifier le réveil. Il s'aperçut enfin que sa demoiselle ne vivait que pour la nuit, ne partageait que son lit avec la gente masculine et n'offrait qu'un seul séjour nocturne à chacun, il avait déjà "profité" du sien. Elle se mit à le recherche de son deuxième escarpin égaré hier soir. Il lui fit signe d'explorer en dessous du sofa et s'attarda alors pour observer une photo. Une petite fille était posée sur les genoux d'une dame, la photo ne dévoilait pas plus bas que son nombril. Chacune souriait et la fillette avait l'air de rigoler. Sur un bord blanc situé en bas de l'image, était inscrit au feutre noir "Maman, tu en dis quoi ?". "C'est votre mère et vous sur la photo ?" interrogea-t-il. La demoiselle fit mine de ne rien entendre et s'enfuit dans la salle de bain pour masquer sa fatigue à coup de maquillage. Il parcourut l'appartement et passa sa tête par la porte qui était malgré tout grande ouverte. Elle lui tourna le dos pour éviter son regard et n'osa aucune parole, elle cachait à son invité son visage cerné. Il s'avança de deux pas, déposa un léger baiser sur son épaule et disparu. Il ouvrit la porte d'entré, la referma délicatement pour n'éveiller aucun bruit et rajusta à la perfection sa cravate. Il appela l'ascenseur qui se pressa de se présenter. Il était 7h43.

Il était en retard pour donner son cours. Dévorant les escaliers pour se rendre au local 513, il pensait au petit Théo. C'était un élève dont les narines étaient rougies toutes les deux semaines. Il demandait régulièrement au son professeur de philosophie pour sortir fumer une cigarette, c'était le seul a lui accorder. Il revenait parfois vêtu d'une odeur de tabac, d'autres fois avec les yeux écarlates ou simplement, certains jours, il ne revenait pas. Le gosse avait perdu son père dans un accident de voiture dont il avait survécu. Sa mère l'abandonna 2ans plus tard auprès de sa tante ivrogne qui se fichait éperdument de lui. Les années passèrent, depuis sa scolarité ici, personne ne réussit à le convaincre d'arrêter les mauvaises habitudes. Son professeur le laissait donc fumer une clope chaque jour en cachette, ça l'occupait plus que les cours. Il faisait partie de ces jeunes qui salissent le matériel avec des phrases tel comme "Too fast to live, too young to die". Ils ne voulaient pas s'accorder de vivre dans un monde raté. D'autres élèves auraient mérité un débat avant de les classer dans la catégorie "No futur". Ils se braquait juste a dire "Je verrais bien demain..." comme réponse à n'importe quelle proposition. Ensuite, il y avait les débiles comme on disait: ils se levaient, suivaient les cours, rentraient, travaillaient, sortait le week-end et recommençaient. Ils étaient des purs conformistes, voulaient se fondre dans la foule, mais sans jamais savoir pourquoi. Il aimait cette ambiance jamais optimiste, jamais pessimiste. Ces gosses de 5ème année qui faisaient cette ambiance décontracté et tendue en même temps; cette envie de rester dans la case "sans responsabilité" qui fait qu'on ne veut plus comprendre quoi que ce soit pour finir par peur de devoir s'investir dedans bientôt. Il pénétra la classe sans avertir. Les bruits se fanèrent et les bavardages étaient deja morts. Chacun respectait le cours. Ceux qui ne voulaient pas écouter dessinaient sur leurs cours, certains participaient et les filles dévisageaient le prof bien jeune avec envie. Une ambiance fascinante et fade à la fois régnait, tout s'opposait toujours dans la classe préférée du prof, entre les élèves de 5C. Bien trop mature et bien enfantin. Ils sont ceux qui sont trop jeunes pour dire que demain la vie commence vraiment et qui continuent leurs rêves assassins. Mais aussi ceux déjà âgés pour dire que pour demain, il faut déjà s'attendre à tout. Il s'assit sur le coin de son bureau, balaya la classe du regard et observa le petit Théo déjà somnolant sur sa feuille éternellement blanche. Le silence se fit roi. Il pencha sa tête pour parler à ses pieds et se rendit compte alors qu'il avait négliger une de ses chaussettes chez son hôte et était ressorti de l'appartement sans elle. Il soupira un peu. Il interrogea alors la chaussette restante: "Pouvez-me dire... Ou plutôt me parler d'une preuve matériel d'un amour existant ET sincère ?". Une main se leva, peu sure d'elle. "Nous allons parler de la preuve de l'amour aujourd'hui. Celle qui reste incertaine toujours maintenant et que les hommes payent à leurs dépits lors de leurs expériences à la recherche d'une preuve pour certifier l'existence de celle-ci... Je ne viens pas d'inventer cette phrase, prenez la page 13 du cours et vous la verrez, on parlera avec des mots simples une fois de plus mes enfants."
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 18 août 2009 13:10

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 09:38

#4

#4
21h. Il marchait d'un pas pressé dans la rue et s'engouffra directement dans le café sans même regarder autour de lui. Elle était là, assise à une table avec deux filles plus âgées qu'elle. Il se dirigea automatiquement vers elle. Il interrompit la conversation sans s'excuser et demanda avec un ton autoritaire à la jeune fille de le suivre. Elle se leva et obéit, le sourire aux lèvres. Il l'agrippa au poignet et la traina hors du café en sortant une cigarette hors de sa poche en même temps. Une fois dehors, il alla droit au but:
<< - Où est mon portable ?!
- Que voulez-vous que j'en sache. J'ai déjà du mal à ne pas perdre le mien alors le vôtre...
- Ca ne me fait pas rire ! Il était dans ma veste hier soir avant d'aller chez vous. J'ai déposé ma veste sur le canapé, il était encore dedans. Ce matin, en sortant de votre appartement, il n'y était plus !
- Vous l'avez perdu en chemin surement... Revenez chez moi et on cherchera après.
- Je n'ai pas le temps pour ça.
- Alors dîtes-moi quand vous aurez le temps.>>
Elle lui tourna le dos pour monter lentement les quelques marches menant à la porte du café quand il l'agrippa par le bras et la retira vers lui assez brusquement,
<< - Ca n'a RIEN de marrant ! Je n'ai pas envie de refaire ce chemin avec vous et encore moins de remettre les pieds dans votre... votre appartement !
- Mais qui vous a rendu si con ?! C'est un moyen connu de proposer à quelqu'un un deuxième rendez-vous et de se revoir abrutis ! Vous êtes vraiment débile bon sang !>>
Enervée, elle chercha dans son sac le portable du jeune homme et lui tendit sèchement.
<< - Ah... Bien... Je suppose que je dois m'excuser alors. Je suis peu doué avec les filles et j'avoue que ça n'a pas été toujours...
- Margaux.
- Pardon ? Margot ?
- MargAUX ! Je m'appelle Margaux. Et vous ?
- Damien.
- J'ai déjà rentré mon numéro dans votre répertoire. Bonne soirée.>>
Elle lui tourna le dos avec un air un peu déçu et rentra se réchauffer. Il chercha à vérifier directement si "Margaux" était bien dans son répertoire et elle avait dit vrai. Il n'avait jamais eu un réel dont pour discuter ou même comprendre une fille et les filles ne l'avaient jamais vraiment intéressé en plus. Mais avec un certain goût de nostalgie dans ses pensées, il rentra chez lui avec un sourire bêta.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 09:57