Il était 7h quand il entendit résonner des bruits; "Mais qu'il est c*n ! Bon sang, il est toujours là ! Mais bouge-toi put***". Il conclut facilement qu'elle devait avoir un chat jusqu'au moment ou il sentit une pression sur son dos. Elle lui hurlait dessus pour le réveiller. Il se redressa avec difficulté alors qu'elle passait déjà d'un coin à l'autre de la pièce. Il en déduit qu'elle serait en retard en son travail et qu'en conséquent, lui aussi. Il l'interrogea sur son horaire de départ. Elle lui avoua en même temps avoir arrêté ses études et avoir tout repris cette année, elle souhaitait devenir architect d'intérieur pour se payer de quoi manger. Il trouvait pourtant que la décoration du logement était de gout et que, vu les nombres de robes colorées les une comme les autres, elle devait avoir les moyens de sa passionner pour la mode. Il avait l'air encore plus fatigué qu'à son habitude; le menton mal rasé, les traits tirés et les cheveux en batailles. Il ébouriffa à deux mains sa chevelures qui avait bien besoin d'une visite chez le coiffeur et donna alors l'impression d'avoir juste eu une panne de réveil. Il confia alors à sa belle être professeur de philosophie. Ca ne payait pas bien mais il aimait parler d'une vérité inexistante avec ceux aptes à juger correctement le monde fait pour demain: les adolescents. "Quelle importance ?!" lui rétorqua-t-elle. Il se fit muet alors et resta perplexe devant l'humeur de sa belle. Celle-ci se plaignait qu'il aurait du disparaitre au lever du jour pour simplifier le réveil. Il s'aperçut enfin que sa demoiselle ne vivait que pour la nuit, ne partageait que son lit avec la gente masculine et n'offrait qu'un seul séjour nocturne à chacun, il avait déjà "profité" du sien. Elle se mit à le recherche de son deuxième escarpin égaré hier soir. Il lui fit signe d'explorer en dessous du sofa et s'attarda alors pour observer une photo. Une petite fille était posée sur les genoux d'une dame, la photo ne dévoilait pas plus bas que son nombril. Chacune souriait et la fillette avait l'air de rigoler. Sur un bord blanc situé en bas de l'image, était inscrit au feutre noir "Maman, tu en dis quoi ?". "C'est votre mère et vous sur la photo ?" interrogea-t-il. La demoiselle fit mine de ne rien entendre et s'enfuit dans la salle de bain pour masquer sa fatigue à coup de maquillage. Il parcourut l'appartement et passa sa tête par la porte qui était malgré tout grande ouverte. Elle lui tourna le dos pour éviter son regard et n'osa aucune parole, elle cachait à son invité son visage cerné. Il s'avança de deux pas, déposa un léger baiser sur son épaule et disparu. Il ouvrit la porte d'entré, la referma délicatement pour n'éveiller aucun bruit et rajusta à la perfection sa cravate. Il appela l'ascenseur qui se pressa de se présenter. Il était 7h43.
Il était en retard pour donner son cours. Dévorant les escaliers pour se rendre au local 513, il pensait au petit Théo. C'était un élève dont les narines étaient rougies toutes les deux semaines. Il demandait régulièrement au son professeur de philosophie pour sortir fumer une cigarette, c'était le seul a lui accorder. Il revenait parfois vêtu d'une odeur de tabac, d'autres fois avec les yeux écarlates ou simplement, certains jours, il ne revenait pas. Le gosse avait perdu son père dans un accident de voiture dont il avait survécu. Sa mère l'abandonna 2ans plus tard auprès de sa tante ivrogne qui se fichait éperdument de lui. Les années passèrent, depuis sa scolarité ici, personne ne réussit à le convaincre d'arrêter les mauvaises habitudes. Son professeur le laissait donc fumer une clope chaque jour en cachette, ça l'occupait plus que les cours. Il faisait partie de ces jeunes qui salissent le matériel avec des phrases tel comme "Too fast to live, too young to die". Ils ne voulaient pas s'accorder de vivre dans un monde raté. D'autres élèves auraient mérité un débat avant de les classer dans la catégorie "No futur". Ils se braquait juste a dire "Je verrais bien demain..." comme réponse à n'importe quelle proposition. Ensuite, il y avait les débiles comme on disait: ils se levaient, suivaient les cours, rentraient, travaillaient, sortait le week-end et recommençaient. Ils étaient des purs conformistes, voulaient se fondre dans la foule, mais sans jamais savoir pourquoi. Il aimait cette ambiance jamais optimiste, jamais pessimiste. Ces gosses de 5ème année qui faisaient cette ambiance décontracté et tendue en même temps; cette envie de rester dans la case "sans responsabilité" qui fait qu'on ne veut plus comprendre quoi que ce soit pour finir par peur de devoir s'investir dedans bientôt. Il pénétra la classe sans avertir. Les bruits se fanèrent et les bavardages étaient deja morts. Chacun respectait le cours. Ceux qui ne voulaient pas écouter dessinaient sur leurs cours, certains participaient et les filles dévisageaient le prof bien jeune avec envie. Une ambiance fascinante et fade à la fois régnait, tout s'opposait toujours dans la classe préférée du prof, entre les élèves de 5C. Bien trop mature et bien enfantin. Ils sont ceux qui sont trop jeunes pour dire que demain la vie commence vraiment et qui continuent leurs rêves assassins. Mais aussi ceux déjà âgés pour dire que pour demain, il faut déjà s'attendre à tout. Il s'assit sur le coin de son bureau, balaya la classe du regard et observa le petit Théo déjà somnolant sur sa feuille éternellement blanche. Le silence se fit roi. Il pencha sa tête pour parler à ses pieds et se rendit compte alors qu'il avait négliger une de ses chaussettes chez son hôte et était ressorti de l'appartement sans elle. Il soupira un peu. Il interrogea alors la chaussette restante: "Pouvez-me dire... Ou plutôt me parler d'une preuve matériel d'un amour existant ET sincère ?". Une main se leva, peu sure d'elle. "Nous allons parler de la preuve de l'amour aujourd'hui. Celle qui reste incertaine toujours maintenant et que les hommes payent à leurs dépits lors de leurs expériences à la recherche d'une preuve pour certifier l'existence de celle-ci... Je ne viens pas d'inventer cette phrase, prenez la page 13 du cours et vous la verrez, on parlera avec des mots simples une fois de plus mes enfants."